I/Carpe en étangs
En raison de ses dimensions réduites et de son faible volume d'eau, l'étang est fortement soumis aux variations météorologiques. Très productif au printemps et en automne, la pêche de la carpe y est souvent difficile en hiver et en été.
L'étang est un biotope artificiel créé par l'homme, utilisé depuis toujours pour sa production piscicole. L'eau y est stockée grâce à sa digue. Un trop-plein, appelé déversoir, permet d'évacuer l'eau excédentaire durant les longues périodes de pluie. La zone la plus profonde correspond au vannage qui rend possible de vider l'étang afin de prélever les poissons présents ou tout simplement de les recenser.
C'est en automne que les pêches d'étang se réalisent. La manipulation des poissons est facilitée par les faibles températures. De plus, le remplissage est assuré par les fréquentes pluies.
La nature du fond, la qualité des eaux, les cultures riveraines, la superficie... créent une grande diversité d'étangs. Certains sont pauvres et leur production piscicole réduite, d'autres sont riches et les poissons s'y reproduisent et y prolifèrent. Chaque étang a sa spécificité que le pêcheur à la ligne doit découvrir.
Au fil des saisons
L'hiver, le pêcheur est souvent contraint à un repos forcé parce que l'étang est gelé ou tout simplement vide. Durant toute la période hivernale, les carpes diminuent considérablement leur activité et l'étang vit au ralenti.
Avec les premiers soleils en février, mars, l'étang renaît. La flore repousse, le plancton se multiplie et les carpes commencent à bouger. Entre avril et mai, elles se regroupent dans les anses abritées, partout où l'eau se réchauffe un peu plus vite qu'ailleurs. En quelques semaines, elles doivent reprendre leur poids de forme avant la reproduction.
L'été, pour cause de fortes chaleurs, l'eau perd chaque jour un peu plus d'oxygène et les carpes ne se nourrissent plus que la nuit. Dès le début de l'automne, les premières pluies relancent leur activité alimentaire. Elles doivent se constituer des réserves avant les premières gelés. Et puis, vient l'hiver et le cycle recommence !
Les meilleurs postes
Le choix du poste n'est pas toujours facile en étang, pour les localiser il convient de tenir compte des saisons.
Le printemps est incontestablement la meilleure saison pour la pêche de la carpe en étang. Le bon poste à cette époque ressemble trois paramètres : un haut fond recouvert d'herbiers aquatiques et situé près des berges où la profondeur est moins importante qu'ailleurs dans le plan d'eau, entre 1 et 2 mètres. Ce haut fond doit se trouver dans une zone ensoleillée, à l'abri des vents froids de l'Est et du Nord. Il est conseillé de se tenir loin de tout bruit et de choisir l'un des endroits les plus calmes du plan d'eau.
En été, les zones les plus profondes, situées proche de la digue, sont les plus productives. Les arrivées de ruisseaux et toutes les berges encombrées et ombragées sont également à explorer. En automne, c'est à l'abri du vent qu'il faut chercher les bons postes tels que les bras ou la queue de l'étang.
En hiver, les carpes occupent à nouveau les secteurs les plus profonds de l'étang, fosses en pleine eau ou zones proches de la retenue, car l'eau y est la plus chaude.
La bonne stratégie d'amorçage
Dans l'impossibilité de trouver des postes caractéristiques à carpes, l'amorçage d'accoutumance quelques jours d'avance est indispensable afin d'habituer progressivement les carpes à venir se nourrir sur un poste précis. Il convient de lancer 20 à 30 bouillettes ou 2 kg de maïs chaque jour, pendant les trois jours précédant la partie de pêche.
Si le poste où les carpes sont visiblement en activité est clairement identifié, l'amorçage en cours de pêche suffit. Pour amorcer au maïs, il faut prévoir une quantité de 4 à 5 kg par journée de pêche et 2 kg par jour d'accoutumance. Quant aux bouillettes, 1 kg par journée de pêche suffit, auquel il faut rajouter 200 à 300 g par journée d'amorçage.
Cette stratégie est valable à la belle saison, au printemps et en été. En revanche en hiver, l'amorçage doit être réduit et constitué de produits peu caloriques et de digestion facile. Il est impératif que les graines soient très bien cuites et les bouillettes pauvres en protéines. L'amorçage de proximité au fil soluble, réalisé au c½ur des fosses et autres postes hivernaux, est le mieux adapté.
Les montages adaptés
En règle générale, en étang les fonds sont vaseux et souvent tapissés de végétation aquatique. Particulièrement intéressants pour les carpes car très riches en nourriture de toute sorte (larves d'insectes, végétaux, déchets divers), ces postes ne sont pas pour autant faciles à pêcher, la principale difficulté réside dans la présentation de l'appât qui ne doit en aucun cas s'enfoncer dans la vase, mais demeurer toujours bien visible au dessus du fond. D'où l'obligation d'utiliser des montages flottants ou décollés.
A la différence du lac, en étang il n'est pas nécessaire de pêcher ni très loin, ni très lourd, un poids de plombée de 70 à 80 g suffit largement. Dans le cas d'eschage avec des bouillettes flottantes, il convient de renforcer leur flottabilité en installant en premier sur le cheveu, une perle en mousse flottante ou une bille de polystyrène. En revanche, avec le maïs, l'eschage s'effectue de façon à enfiler sur le cheveu par ordre un grain de maïs, un petit cube de mousse ou de liège, un grain de maïs, un petit cube de mousse ou de liège et ainsi de suite.
II/Carpe en lacs
De part une très belle population de grosses carpes, les lacs français font rêver les carpistes d'Europe entière. Mais la pêche y est souvent très délicate, car il est très difficile dans ces grandes étendues de localiser les poissons!
Plus qu'ailleurs, en lac le sens de l'observation et la connaissance des m½urs et habitudes alimentaires des carpes sont primordiales. Comment sinon les retrouver dans cette petite mer intérieure qui dans la majorité des cas n'offre au pêcheur aucun point de repère ?
De plus, d'autres paramètres rendent la tache encore plus difficile comme la présence fréquente du vent, les fonds très importants, les variations du niveau d'eau ainsi que de la température entre les différentes couches d'eau...
Dans ces conditions, les carpes se déplacent beaucoup et souvent. En fonction des saisons mais aussi de leurs besoins alimentaires ou pour cause de reproduction, elles sont capables de parcourir des distances impressionnantes pour retrouver des secteurs favorables.
Chaque lac est un cas spécifique
Les tenues des carpes varient d'un lac à l'autre. Dans certains, encaissés et sinueux, les berges sont souvent abruptes. La profondeur y est importante et les fonds, souvent sans aucun aménagement mais le résultat du déboisement, peu riches en nourriture. Il n'est pas rare en ces lieux qu'une partie importante du lac soit complètement délaissée par les carpes, tandis qu'elles vont littéralement coloniser d'autres secteurs peu profonds, les criques, îles, hauts-fonds...
D'autres lacs se présentent en forme de grandes cuvettes noyées. Les berges en pente douce sont propices à l'apparition d'herbiers et autres plantes aquatiques, source de nourriture abondante. Dans ce type de lac, les carpes passent au peigne fin ces prairies aquatiques et parcourent inlassablement toujours le même itinéraire.
Dans tous les cas, il s'avère utile de prévoir au minimum une demi journée pour réaliser un sérieux repérage des lieux, du bord pour se familiariser avec les berges, mais aussi en barque, équipé d'un échosondeur, pour découvrir la topographie du lac.
Les valeurs sûres
Les reculées et tous les secteurs peu profonds attirent les carpes en toute saison mais tout particulièrement au printemps car c'est en ces lieux que naît la première végétation aquatique et avec elle des larves et insectes, base de leur alimentation.
Les hauts fonds et les îles sont des postes de tout premier ordre. Plus proches de la surface et donc de la lumière, ils sont souvent tapissés d'herbier où les carpes viennent fouiller, tandis que la proximité immédiate des grands fonds leur permet en cas de danger de s'enfuir rapidement.
Les obstacles subaquatiques comme les arbres noyés, racines, roches... sont d'excellents refuges pour les carpes, mais elles y trouvent aussi de quoi s'alimenter, des vers, larves, coquillages...
Les arrivées d'eau sont une source inépuisable de nourriture qui en plus apportent de l'oxygène, très apprécié des carpes pendant la période des grandes chaleurs.
La stratégie d'amorçage
Dans des endroits peu pêchés, il ne faut pas hésiter à amorcer en grande quantité, à condition que les carpes y soient nombreuses. Peu habituées à cette nourriture abondante, elles vont vite coloniser le coup.
En revanche, dans des lacs avec une importante pression de pêche, il faut savoir patienter suffisamment longtemps pour que les carpes très méfiantes, s'installent sur le coup en toute sécurité.
Dans les deux cas, la stratégie la plus payante consiste à réaliser un tapis de graines afin de rassembler tout d'abord les petits poissons blancs qui de part leur intense activité, vont attirer les carpes. Dans les eaux surpêchées, il peut être intéressant de mélanger avec les graines des pellets qui auront le rôle d'attractant grâce à leur pouvoir de diffusion très puissant et extrêmement rapide.
Les bons montages
C'est la distance de pêche ainsi que le type de fond qui influent principalement sur le choix du montage. Lorsque l'on pêche proche du bord, dans des zones peu profondes, comme c'est souvent le cas au printemps, pas besoin de montages sophistiques, les classiques auto-ferrants font tout à fait l'affaire. Il suffit seulement d'adapter la forme du plomb à la nature du sol, dur, herbeux...
Le reste de l'année, il est souvent indispensable d'aller chercher les carpes loin des bordures, sur des hauts fonds, proches des îles ou dans des fosses. Dans ce cas-là, seul le montage hélicoptère permet d'expédier l'appât à grande distance sans risque d'emmêlement lors du lancer. Le rajout d'une tête de ligne évite la rupture lors des lancers appuyés, permettant même avec une forte plombée d'utiliser au mieux le nerf de la canne qui doit être puissante, au moins 3 lbs pour une longueur d'environ 13 pieds.
III/Carpe en canal
Des postes soigneusement choisis, un matériel léger et un amorçage parcimonieux : pour séduire la carpe en canal, il faut faire preuve de finesse et d'économie !
Le choix du poste représente souvent en ces lieux une énigme pour le néophyte. Pourtant la règle est simple : il convient de s'installer partout où la monotonie est rompue, celle des berges comme celle du fond. Toutes les zones de large réservées aux man½uvres des péniches sont très intéressantes mais aussi tous les secteurs de palplanches, les cassures de rives, proximité de la végétation, lieux de communication, l'intérieur des virages où le dépôt de vase est plus important...
Il ne faut pas négliger non plus la banquette proche des berges et toutes les zones peu profondes où les nénuphars, joncs, châtaignes d'eau et autres plantes aquatiques concentrent les insectes. Pour finir, citons les ports, les quais de chargement, les silos, les postes régulièrement amorcés par les pêcheurs au coup et tout autre endroit où la nourriture abonde.
Un amorçage au compte-gouttes
Distinguons deux hypothèses. Les brèmes, les poissons chats et autres poissons blancs sont très nombreux. Dans ce cas-là, les bouillettes s'imposent. Il est impératif qu'elles soient suffisamment dures et de fort diamètre, 22-24 mm, pour décourager les poissons parasites. Si le lieu est peu pêché, le mieux est de distribuer à la volée les jours précédant la partie de pêche quelques dizaines d'appâts. Le jour J, il suffit d'employer un fil soluble esché de 5 à 6 bouillettes.
La seconde hypothèse : les indésirables cités précédemment sont peu présents. Dans cette situation, les graines cuites donnent d'excellents résultats. Mais dans les deux cas, il est inutile de réaliser de longs amorçages d'accoutumance, une à deux journées suffisent !
Les montages adaptés
Sur les fonds relativement durs, c'est le montage classique auto-ferrant qui convient le mieux. Mais attention, il est primordial de pêcher lourd même si l'on pêche très près ! 80 à 100 grammes sont indispensables pour pouvoir assurer une parfaite inertie et pouvoir correctement piquer la carpe.
Si par contre le fond est très vaseux, il vaut mieux privilégier un montage coulissant, très léger et esché d'une bouillette flottante. Avec ce système, il est fréquent d'omettre de ferrer. Le geste doit être ample et surtout intervenir rapidement dans les premières secondes suivant la touche. Quel que soit le montage, le bas de ligne est toujours court, de 15 à 20 cm, pour qu'au moindre mouvement la carpe se pique tout de suite.
Un matériel minimaliste
Disposer en canal de quatre cannes à pêche ne veut pas dire attraper quatre fois plus de carpes, bien au contraire ! Chaque lancer risque de trahir la présence du pêcheur. La principale qualité en ces lieux est la capacité à faire ½uvre de discrétion. Pour cette raison, il est conseillé d'utiliser uniquement une à deux cannes à pêche. Le plus important est qu'elles apportent un maximum de plaisir et de sensations pendant le combat.
Il convient donc de choisir si possible des cannes courtes, 3,60 m, car ici pas besoin de pêcher loin, et de faible puissance, 2 ½ lb, 2 ¾ lb maximum. Pour compléter harmonieusement l'ensemble, les moulinets sont garnis de 150 m de Nylon plutôt fin, d'un diamètre de 26 à 28/100.
Il faut bouger avec les carpes !
En canal, les départs sont souvent furtifs et les grandes fuites en avant rares. La carpe se dérobe sur le côté en suivant la berge. Il convient de rester à proximité des cannes pour réagir promptement.
Un autre facteur déterminant est l'emploi d'un matériel minimum qui favorise la mobilité. Il ne faut pas hésiter à changer de poste si les touches se font trop attendre, car les carpes, elles, se déplacent beaucoup. L'amorçage préalable a pour but principal de les habituer à consommer les mêmes produits que ceux eschés à l'hameçon mais pas nécessairement à un endroit précis.
Il est également souhaitable de s'installer en retrait de la berge parce qu'à la moindre vibration transmise par le sol, la carpe déserte définitivement le lieu !
IV/Carpe en rivières
L'automne est la meilleure époque de l'année pour pêcher la carpe en rivière. Car très active, elle se nourrit beaucoup, digère très vite et parcourt de grandes distances en quête de nourriture...
C'est dans les eaux courantes, où à cause du brassage de l'eau la température baisse en premier, que les carpes ressentent la nécessité de se constituer des réserves de graisse avant l'hiver.
Les mois d'été, le niveau des cours d'eau est en général au plus bas et les eaux surchauffées, les carpes s'alimentent peu se limitant le plus souvent à une faible activité nocturne...
Mais les premières semaines de l'automne sont un vrai bonheur pour carpes et carpistes. C'est véritablement un moment à ne pas manquer ! Car très vite les pluies, les crues, les feuilles et les herbiers en décomposition rendront la pêche en rivière très aléatoire !
Le bon endroit
Il convient d'intercepter les carpes sur leurs points de passage entre leurs zones de repos et celles d'alimentation... Le plus difficile sera de les retenir durablement. Il est impératif de ne pas se laisser aller à la facilité en croyant qu'il suffit de s'installer n'importe où. Comme toujours, le choix du poste est primordial et demande une sérieuse reconnaissance avant la décision finale.
Heureusement pour nous, les carpes trahissent leur présence tôt le matin et tard le soir par de nombreux marsouinages et quelques sauts. C'est dans les endroits où le courant est lent, dans les virages, entre fosses et hauts fonds, dans tous les secteurs de dépôt d'alluvions, qu'elles viennent naturellement se nourrir.
La stratégie
Une accoutumance journalière débutant le lundi et aboutissant sur deux jours de pêche le week-end suivant, est le scénario idéal.
La stratégie d'amorçage doit tenir compte du fait qu'en cette période tous les poissons blancs, barbeaux, brèmes, chevaines... sont eux aussi très actifs. Il convient de regrouper un maximum d'espèces de toute taille et de les conserver le plus longtemps possible sur la zone amorcée ce qui inévitablement aura pour conséquence d'attirer les carpes. Le fait que bon nombre d'autres poissons blancs soit présent semble diminuer leur méfiance.
Mais pour que tout ce monde cohabite, la surface amorcée doit être suffisamment vaste, 30 à 40 m² minimum et les produits utilisés d'une taille consommable par tous. Pour finir, une partie importante de l'amorce sera distribuée sur deux chemins d'amorçage d'une longueur d'environ 10 m, un de chaque côté de la zone principale.
Les produits
Pour l'amorçage, l'idéal est d'utiliser un mélange de graines diverses, maïs, blé, chènevis, orge... Ceux qui disposent d'une embarcation, peuvent les distribuer à la volée. Sinon, il faut réaliser de petites boules à propulser à la fronde, en les agglomérant les unes aux autres avec du PV1, bien connu des pêcheurs au coup pour ses propriétés collantes et sucrées.
Il convient de rajouter à l'eau du trempage des graines le même parfum que celui des bouillettes utilisées. La banane, la pêche ou la menthe donnent de très bons résultats. Quant aux bouillettes, elles sont d'un seul parfum et de couleur claire, jaune ou brune, proche de celle du mais, d'un diamètre compris entre 16 et 25 mm.
Les jours de pêche, il s'agit de sélectionner les prises. Pour ce faire les montages sont uniquement eschés de bouillettes. Dans des conditions de densité de carpes normales, les bouillettes utilisées sont de fort diamètre, 22-25 mm. Pour éviter les tirées intempestives de poissons parasites, il faut privilégier celles particulièrement sèches et dures.
Le plan d'accoutumance
Les premiers jours d'amorçage sont cruciaux. Si l'endroit choisi est autorisé à la pêche de nuit, il est conseillé d'amorcer chaque soir. Sinon si la pêche est pratiquée uniquement de jour, il est judicieux d'habituer les poissons à venir s'alimenter la journée en réalisant l'amorçage d'accoutumance tôt le matin.
Les quantités données correspondent à une rivière moyenne. Il est tout à fait possible, en gardant les mêmes proportions, de les diminuer de 50% pour les petites rivières ou tout simplement de les doubler pour les fleuves.
Si l'on dispose uniquement de trois à quatre jours, il convient de débuter la campagne d'amorçage en supprimant les premiers jours.
-1er jour
2 kg de graines à oiseaux
2 kg de maïs
-2ème jour
4 kg de graines à oiseaux
4 kg de maïs
-3ème jour
6 kg de graines à oiseaux
6 kg de maïs
200 bouillettes
-4ème jour
4 kg de graines à oiseaux
4 kg de maïs
300 bouillettes
-5ème jour
2 kg de graines à oiseaux
2 kg de maïs
400 bouillettes
-6ème et 7ème jour : pêche
200 bouillettes le matin
100 bouillettes en rappel après chaque prise.
V/Choix du poste
Les postes à carpes évoluent au fil des saisons et se situent selon les cas sur un point de passage ou sur un site qui peut leur offrir le gîte et le couvert.
Les saisons ainsi que la température de l'eau ont une importance primordiale sur le comportement et les déplacements des carpes.
Après plusieurs mois d'hiver passés dans une eau froide et se nourrissant peu, elles ont besoin de reconstituer leurs réserves.
Dès les premiers signes du printemps, regroupées en petites bandes, elles reprennent un itinéraire journalier qui les amène partout où la nourriture est abondante. Ensuite, plus l'eau se réchauffe, plus les carpes se rapprochent de leurs zones de fraye, parmi la végétation subaquatique, dans de faibles hauteurs d'eau. L'été, à cause de la chute des teneurs en oxygène, elles ralentissent leur activité et rejoignent les fosses.
En automne, elles redeviennent plus actives et mettent les bouchés doubles afin de pouvoir affronter les rigueurs de l'hiver.
Des sauts et des bulles
Vous trouverez les carpes là où elles cherchent leur nourriture, essentiellement des larves d'insectes qu'elles trouvent en fouillant le fond.
Elles trahissent souvent leur présence par des sauts qu'elles effectuent hors de l'eau, généralement à l'aube et au crépuscule. Parfois il s'agit de simples marsouinages, plus discrets certes, mais tout aussi révélateurs.
Vous pouvez également localiser les carpes par un chapelet de fines bulles qu'elles font monter vers la surface, très souvent accompagné d'un second quelques dizaines de centimètres plus loin. En effet, les carpes se servent à la fois de leur bouche et de leur queue pour décoller du fond insectes et larves. Elles sont capables de prospecter le sédiment sur une hauteur d'une vingtaine de centimètres.
Postes en rivière
En eaux courantes, les postes à carpes doivent impérativement réunir trois paramètres.
Ils doivent se situer dans une zone où le courant est plus lent qu'ailleurs pour favoriser les dépôts d'alluvions sur le fond.
Leur profondeur doit être comprise entre 1,50 et 2,50, car c'est uniquement dans ces zones peu profondes que la luminosité et la température de l'eau permettent à la végétation aquatique de se développer.
Pour finir, la nourriture doit y être abondante, une forte densité d'insectes aquatique se trouvant à proximité des herbiers, nénuphars, arbres surplombant la rive... Pendant les grandes pluies automnales ainsi qu'au c½ur de l'hiver, les carpes trouvent refuge dans les zones abritées du courant et dans les fosses. Entre avril et juin, elles n'hésitent pas à s'aventurer dans quelques centimètres d'eau dans les bras morts, darses et reculées pour s'y reproduire.
Postes en eau close
En début de saison un haut-fond situé près des berges, est un poste de tout premier ordre car la profondeur y est moins importante qu'ailleurs, entre 1 et 2 m. Si de plus, il se trouve dans une zone ensoleillée et à l'abri des vents froids de l'Est et du Nord, sans aucune hésitation, prenez possession des lieux ! Pendant les grandes chaleurs estivales ainsi que durant tout l'hiver, les carpes passent le plus clair de leur temps dans des fosses profondes. Elles ne s'en éloignent que pendant quelques heures (l'été uniquement la nuit, l'hiver très souvent de 10 h à 16 h), pour prospecter la périphérie de celles-ci à la recherche de nourriture.
VI/Plombs
Devant la prolifération du matériel de pêche, certains pêcheurs se posent la question : est-ce bien raisonnable ? En ce qui concerne les nombreux plombs à carpe, la réponse est oui ! Car il existe une grande diversité de situations auxquelles le pêcheur moderne doit faire face.
Avant l'arrivée de la pêche moderne de la carpe, les plombs étaient uniquement destinés à entraîner le montage à la distance choisie ainsi qu'à assurer la stabilité de la ligne sur le fond. C'est toujours vrai, mais aujourd'hui les plombs à carpe doivent remplir d'autres fonctions. Ils doivent permettre à la carpe, grâce à leur inertie, de se piquer seule, on parle généralement de montages auto-ferrants. Mais aussi atteindre des distances de pêches très importantes, dépassant souvent les 100 m. Ils doivent s'adapter parfaitement à chaque nature de sol, propulser la ligne avec précision même les jours de grand vent... Ils doivent aussi être discrets car les carpes bénéficiant du nokill sont de plus en plus méfiantes !
Pour compliquer le tout, à chaque puissance de canne correspond un poids de plomb idéal permettant d'utiliser au mieux les propriétés mécaniques de la canne et d'exploiter au maximum son nerf. Si l'on sous-plombe ou à l'inverse, si l'on sur-plombe la ligne, le résultat est identique : la distance maximum ne sera pas atteinte. De plus, en cas d'utilisation d'un lest trop important, on risque à la longue d'endommager le matériel.
La forme et le poids
Il existe une dizaine de formes de plombs. Certains sont très aérodynamiques et permettent d'atteindre de grandes distances comme le plomb missile. D'autres sont très stables sur le fond même dans les courants soutenus, tel le plomb montre.
Certains plombs ont été conçus pour obtenir un auto-ferrage maximum même à très grande distance. Ils sont le plus souvent déposés en barque et non pas lancés à l'aide de la canne. Il s'agit entre autres du plomb boulet. La plus grande précision est obtenue avec un quadripal qui muni de ses quatre ailettes, plane littéralement.
Le poids du plomb dépend de trois paramètres : le type de montage utilisé, la distance à atteindre et la puissance de la canne. Les poids moyens s'étalent entre 50 et 100 grammes. Il est très rare d'avoir recours à des plombs d'un poids inférieur. Avoir besoin de dépasser un poids de 100 g est marginal et peu de cannes supportent un tel effort répété !
Le type de fond
Selon leur nature, on distingue en règle générale trois type de fonds : dur, vaseux et herbeux. Les fonds durs composés de roches, galets ou sable impliquent l'emploi de plombs poire, boulet, montre...
A l'opposé, les fonds peu stables, constitués de limon ou de vase, obligent à utiliser des modèles ayant une grande surface portante afin d'éviter qu'ils s'y enfoncent profondément. Le quadripal ainsi que le plomb moule y font merveille.
Pour les zones tapissées d'herbes, le plomb trilobé apporte plusieurs avantages. Tout d'abord, grâce à sa forme, il descend lentement, mais surtout en ramenant la ligne, il est le seul à remonter aussi rapidement proche de la surface lors des premiers mètres de récupération. Il évite ainsi bon nombre d'accrochages et permet de relancer sans pour autant avoir préalablement perturbé la quiétude des poissons présents sur le coup.
La distance et la précision
Quand on parle de distance de pêche, la première chose qui vient à l'esprit est le poids du plomb. Mais à poids égal, c'est la forme et donc le modèle choisi qui permettent dans certains cas de gagner les 15 à 20 derniers mètres. Le plomb missile porte bien son nom, mais d'autres tels que le plomb tube, le Stealth ainsi que le quadripal, sont parmi les plus performants.
La précision quant à elle est forcément liée à la distance car il est bien difficile d'atteindre 100 mètres et de tomber à chaque fois dans la zone amorcée. Les plombs de type trilobé ou quadripal s'avèrent les plus précis car les plus stables en vol. Le missile, le Stealth, le tube... deviennent utilisables pour peu qu'ils soient installés sur des montages hélicoptère.
La forme du plomb n'est pas le seul paramètre qui influe sur la précision des lancers, mais également la puissance de la canne, la précision des gestes, la longueur de la bannière, la présence ou non de points de repère...
Le camouflage
Le roi du camouflage est incontestablement le plomb moule qui de part sa forme et sa couleur, rappelle le mollusque si présent dans nos eaux. Mais ce n'est pas seulement sa forme qui peut rendre un plomb discret ! Tous les plombs peuvent également passer inaperçus si l'on les achète teintés.
Il est possible aussi de les peindre de différentes couleurs de façon à les intégrer le mieux possible au milieu naturel. Les verts conviennent pour les fonds herbeux, noirs pour les fonds vaseux, beiges pour les fonds rocheux...
Certains perfectionnistes vont même jusqu'à prélever un peu de sable du lieu où ils pratiquent. Après l'avoir séché et avoir enduit le plomb de colle, ils le recouvrent avec les grains de sable. Dans ce cas-là, le terme camouflage est vraiment justifié !
VII/Camouflage des plombs
Il faut s'y faire... dans les années qui viennent, les carpes seront de plus en plus méfiantes. Alors dès maintenant, prenons la bonne habitude de camoufler nos montages !
C'est dans des conditions bien précises que le camouflage des plombs est devenu indispensable si l'on veut espérer tromper des poissons éduqués.
Tous d'abord sur des fonds durs ou des fonds clairs, la plombée attire trop l'attention par sa couleur. C'est également vrai sur des zones peu profondes où les rayons lumineux mettent en relief tous les détails du fond.
Mais quand tous ces paramètres se trouvent dans un lac ou un étang aux eaux limpides, aucun doute, il est indispensable de rendre les plombs les plus discrets possibles.
Il convient de prélever sur le lieu de pêche une petite quantité de sable ou de petits graviers qui devront être secs pour adhérer parfaitement à la couche de vernis épais, incolore et inodore, préalablement appliqué aux plombs.
Attendre 24 h avant l'utilisation de ces plombs, après les avoir copieusement recouverts de petits granulats sur toutes leurs faces.